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Le rapport intégré ou comment prendre en compte les capitaux extra-financier à la Société Générale ?

Le rapport intégré ou comment prendre en compte les capitaux extra-financier à la Société Générale ?

Société Générale a été désignée lauréate des Grands Prix du Business et de la Gouvernance Responsables 2019 (catégorie Europe / capitalisation supérieure à 7 milliards d’euros). Frédéric Oudéa, son Directeur général, revient sur cette distinction et sur les ambitions de son groupe en matière de RSE, illustrées notamment par le plan stratégique de la banque « Transform to Grow ».
Pourquoi Société Générale s’est-elle portée candidate cette année ? Quelles étaient vos motivations à encourager cette candidature en tant que Directeur général ?
Frédéric Oudéa : La décision de participer aux Grands Prix du Business et de la Gouvernance Responsables a été motivée par notre volonté d’échanger avec nos pairs sur la démarche intégrée, qui nous a guidés pour prendre en compte conjointement les aspects financiers et extra-financiers dans la construction de notre stratégie. Depuis de nombreuses années, la Responsabilité est l’une des valeurs de notre entreprise. La RSE est intégrée dans notre plan stratégique 2017/2020 Transform to Grow, dans notre gouvernance, dans notre gestion des risques autant que dans notre innovation. Notre démarche intégrée s’inscrit dans une trajectoire de progrès pour porter notre vision de long terme : agir en partenaire de confiance engagé à contribuer aux transformations positives du monde, au bénéfice de nos clients, de nos collaborateurs et de l’ensemble de nos parties prenantes. Comment allez-vous pouvoir utiliser cette reconnaissance ? Je suis fier que Société Générale soit lauréate de ce Prix. Cette récompense valorise l’engagement du Groupe à favoriser une approche intégrée de l’entreprise, qui met en cohérence les dimensions économique, sociale, sociétale, financière, environnementale, éthique et de gouvernance, source d’efficacité et de performance. C’est une référence pour nos parties prenantes à qui nous souhaitons montrer le sens que nous donnons à notre activité.
Dans le rapport intégré de Société Générale, vous expliquez avec le Président du Conseil d’administration - Monsieur Lorenzo Bini Smaghi, vouloir « accompagner (vos) clients dans les transformations positives du monde ». Pouvez-vous nous expliquer cette ambition ? A quelles transformations fait- il référence ? Comment cette ambition se traduit-elle dans l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie de votre Groupe ?
Nous avons bâti notre modèle bancaire sur notre vision et nos valeurs, en nous appuyant sur la force de nos ressources et notre capacité d’innovation pour proposer à nos clients des services à valeur ajoutée. Partenaire de confiance, nous nous engageons pour contribuer aux transformations positives du monde dans l’ensemble de nos activités. Notre plan stratégique Transform to Grow repose sur cette vision de long terme. Concrètement, nous souhaitons être un partenaire de confiance pour nos parties prenantes, incarner au mieux la Banque du XXIe siècle et avoir un impact là où notre Banque peut agir très concrètement. Cela va de la transition énergétique au soutien du développement des territoires, à l’accompagnement des jeunes ou au développement africain. En témoignent nos réalisations comme par exemple l’atteinte au 30 septembre 2019 de 96 % de nos objectifs de contribuer à hauteur de 100 milliards d’euros à horizon 2020 en faveur de la transition énergétique et du lancement en novembre 2018 de l’initiative Grow with Africa, qui a vocation à contribuer au développement durable du continent en partenariat avec les acteurs locaux. Toujours dans le rapport intégré 2019, vous dites : « La culture de responsabilité, au cœur de nos priorités stratégiques, se traduit en parallèle par l’intégration des enjeux de Responsabilité sociale d’entreprise (RSE) dans l’ensemble de nos métiers. » Pouvez-vous nous expliquer ce que veut dire, au quotidien, pour votre équipe dirigeante, managers et collaborateurs, la notion de « culture de responsabilité » ? Comment la RSE est-elle incarnée au sein du Groupe Société Générale ? Est-ce une question d’intérêt aussi pour votre Conseil d’Administration ? La culture de responsabilité est l’un des 5 axes de notre plan stratégique Transform to Grow aux côtés de quatre autres priorités. C’est un sujet piloté de près par notre Conseil d’administration dont le mandat est d’approuver les orientations stratégiques du Groupe, de veiller à leur mise en œuvre et de les revoir au moins une fois par an. Ces orientations s’appuient sur quatre valeurs, dont la Responsabilité, et le Code de conduite du Groupe ; elles se déclinent à travers notamment notre programme interne Culture & Conduite et les grands axes de la politique suivie en matière de responsabilité sociale et environnementale. Ce faisant, nous avons intégré la RSE dans toutes nos activités. Nous poursuivons l’ancrage d’une culture de responsabilité dans la façon dont nous conduisons nos activités afin de nous conformer aux meilleurs standards d’éthique et de conformité. La responsabilité au sein de la Banque impose une gestion du risque intégrant les impacts RSE et est déclinée par l’ensemble des activités dans ses diverses dimensions économique, environnementale et sociale.
Aussi, une partie importante des objectifs des dirigeants sont collectifs et adossés à des cibles extra-financières en phase avec la stratégie : satisfaction des clients, engagement des collaborateurs et rating extra financier du Groupe. Au-delà du cercle des dirigeants, la participation et l’intéressement de 50 000 collaborateurs en France sont également liés à la performance extra-financière mesurée en externe. Toujours dans votre rapport intégré, vous avez fait le choix d’être transparent sur les 14 indicateurs financiers et extra- financiers que vous pilotez à horizon 2020. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces indicateurs et sur la façon dont vous demandez de l’assurance quant à leur fiabilité et quant à l’atteinte de vos objectifs ?
Nous nous pilotons évidemment en lien avec notre Plan Stratégique Transform to Grow présenté en novembre 2017. La culture de responsabilité fait partie des 5 priorités stratégiques de ce plan et sa réalisation est suivie via des indicateurs financiers ou extra- financiers. En complément, la culture de responsabilité a elle- même différents leviers sur lesquels nous nous sommes engagés en matière d’éthique, de conformité ou de RSE. Tout ceci est suivi par nos équipes au quotidien via des indicateurs présents dans notre Déclaration de Performance Extra- Financière (DPEF). Un organisme tiers indépendant a pu apprécier à l’occasion de la publication de notre première DPEF en mars dernier la cohérence des résultats et des indicateurs clefs de performance, avant que le Conseil n’approuve le document. L’IFACI est partenaire du Prix de la Pensée Intégrée. Quel lien pensez- vous possible ou souhaitable entre audit / contrôle internes et Pensée Intégrée ? L’Integrated Thinking apporte une vision holistique de l’action d’une entreprise, incorporant les dimensions financières classiques mais également tout le pan de l’extra-financier et des attentes des parties prenantes. A ce titre, il m’apparaît complètement légitime et normal que toutes les fonctions associées au suivi de notre activité soient des parties prenantes elles- mêmes intégrées à cette vision. Notamment pour partager des standards et se développer dans une démarche de progrès.
Le Rapport Intégré de 2019 précise que le Comité d’Audit et de Contrôle interne de la SG a la responsabilité de « veiller à la qualité de l’information comptable et financière ». À l’heure de la pensée intégrée, de la performance globale sur l’ensemble des capitaux, ne pensez-vous pas qu’il serait bon pour votre comité d’étendre son périmètre à l’extra- financier ? Est-ce une attente déjà formulée à l’inspection générale ? À l’audit interne ? Dans le cadre de ses travaux, le Comité d’audit et du contrôle interne, émanation du Conseil d’administration, assure effectivement le suivi des questions relatives à l’élaboration et au contrôle des informations comptables et financières mais également le suivi de l'efficacité du dispositif de contrôle interne, de mesure, de surveillance et de maîtrise des risques. A ce titre, il est amené à traiter de nombreux sujets extra-financiers : réclamations clients et plus largement protection de la clientèle, satisfaction client et des sujets de conformité qui font partie intégrante de notre politique RSE, adoptant ainsi une approche des risques qui ne se limite pas aux seuls aspects financiers. La Déclaration de Performance Extra-Financière a d’ailleurs été présentée et discutée en début d’année 2019 au sein de ce comité, avant d’être approuvée par le Conseil d’administration.
L’Inspection générale et l’Audit interviennent sur un spectre très vaste de sujets dans le cadre d’un plan approuvé par le Comité d’audit et de contrôle interne, dépassant le strict cadre comptable et financier. L’Inspection et l’Audit ont de fait réalisé, au cours des deux dernières années, des missions en lien avec les engagements RSE du Groupe. Cet axe de travail fait clairement partie du mandat de la troisième ligne de défense et continuera à se développer.
Le rapport « Les Amis de la Terre », rédigé conjointement avec Oxfam, pointe les banques françaises et l’investissement dans les énergies fossiles qui accroît le bilan carbone de la France. À l’heure de la banque responsable et transparente (Integrated Thinking/ Integrated Reporting), que leur répondez-vous ? Le rapport « Banking on Climate Change 2019 », réalisé par un collectif d’ONG internationales, montre que les 4 banques françaises incluses dans ce rapport financent 4 fois moins les énergies fossiles que les 4 premières banques du rapport. Les banques françaises représentent 7 % du montant total des financements fossiles, toujours selon ce rapport. Par ailleurs l’engagement des banques françaises dans le seul financement du secteur renouvelable a atteint 37 milliards d’euros en 2018, en augmentation de 41 % en l’espace de deux ans. Cela n’est pas assez et nous allons continuer à faire progresser ces engagements, mais le secteur bancaire français est déjà l’un des plus avancés sur les sujets de pilotage, de reporting et d’engagement en matière de climat. Et plus globalement sur la banque responsable et transparente, nous sommes pionniers, par exemple en tant que signataires des Principes de l’ONU, pour un secteur bancaire responsable. Même si nous avons conscience du chemin qu’il reste à parcourir, à l’échelle mondiale, les engagements durables des banques françaises sont très forts.

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