Accueil / blog / Cinq manières dont l’audit interne peut faillir à sa mission vis-à-vis de l’organisation

Cinq manières dont l’audit interne peut faillir à sa mission vis-à-vis de l’organisation

De nos jours, les fonctions d’audit interne subissent des pressions de toutes sortes. Les attentes sont élevées, les ressources limitées et les risques émergent à une vitesse sans précédent. Beaucoup de responsables de l’audit interne ont mobilisé leurs équipes pour relever ces défis. Cependant, les mauvais choix de certains d’entre eux peuvent conduire à l’échec de la mission de l’audit interne. Il arrive que des responsables de l’audit interne bien intentionnés et leurs départements ne protègent pas suffisamment leurs organisations. C’est parfois inévitable. Il peut arriver, même à l’équipe d’audit interne la plus attentive, de ne pas identifier un problème ou de ne pas en réaliser l’importance. Mais la plupart du temps, lorsque nous ne parvenons pas à protéger nos organisations, ce n’est pas à cause d’une erreur, mais bien d’une décision délibérée. Parce que nous devons prendre conscience des conséquences que nos décisions peuvent avoir sur nos organisations, voici cinq exemples de mauvais choix que l’audit interne pourrait faire. Ces situations se présentent plus souvent qu’elles le devraient et chacune d’elles est le résultat d’une décision prise par des auditeurs internes car elle leur paraissait justifiée à l’époque. Mais elles peuvent aussi avoir des conséquences désastreuses et, si l’on se place du point de vue du comité d’audit, ne pas être si légitimes que ça après tout.
  1. Éviter les domaines à haut risque ou accepter trop facilement des limitations de périmètre
Il peut arriver que le management demande à l’audit interne d’éviter certains domaines spécifiques, sachant pertinemment que ceux-ci sont problématiques. Dans certains cas, c’est l’audit interne qui ne possède pas l’expertise nécessaire pour s’attaquer à un risque critique. Mais dans le contexte d’un audit interne fondé sur les risques, nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer des problèmes simplement parce que l’expertise nous fait défaut ou parce que la direction en a décidé ainsi. Il est possible que le conseil d’administration ne soit pas conscient de l’ampleur du problème ou que celui-ci n’ait pas encore été découvert. Certes, auditer un domaine à haut risque requiert courage et force morale, mais cela vaut mieux que d’ignorer les problèmes et de s’entendre dire par la suite « où était l’audit interne ? ».
  1. Ignorer la culture de l’organisation
Quand les choses se dégradent de manière spectaculaire au sein d’une organisation, une culture toxique en est souvent la cause. Certains auditeurs internes préféreraient s’en tenir à des problèmes d’audit plus aisément quantifiables, mais les risques liés à la culture de l’organisation ne doivent en aucun cas être ignorés. Une culture malsaine peut permettre à un problème relativement mineur de se transformer en véritable désastre sans aucun contrôle. Les administrateurs d’Enron et de WorldCom ont dû assumer une large part de responsabilité à la suite des méfaits commis par leurs sociétés. Par conséquent, lorsque l’audit interne fait fi de la culture de l’organisation et que les choses tournent mal, ne soyez pas surpris si le conseil d’administration vous demande où vous étiez.
  1. Ne pas effectuer de suivi
En faisant part de nos préoccupations et de nos observations, nous aidons la direction et le conseil d’administration à prendre conscience de l’existence de problèmes. Mais la mission de l’audit interne ne s’arrête pas là. Lorsque nous portons un problème à la connaissance du conseil, nous devons nous assurer que celui-ci est pris en compte de façon satisfaisante ou que la direction et le conseil ont accepté le risque découlant de leur inaction. Il n’est jamais bon d’entendre dire que « le conseil d’administration était au courant du problème, mais n’a rien fait. »
  1. « Minimiser » les problèmes
Parfois ce n’est pas ce que vous dites qui est important, mais comment vous le dites. Des rapports d’audit justes et équilibrés doivent décrire les problèmes de manière claire, sans dissimuler ou déformer les faits. Il se peut qu’à l’occasion un client vous demande d’atténuer voire même de supprimer un constat pour que les problèmes paraissent moins graves qu’ils ne le sont. Toutefois, si les rapports d’audit interne ne donnent pas une vision correcte de l’ampleur et de la gravité des problèmes, il est fort probable que les mesures correctrices soient insuffisantes. En effet, il n’est pas exagéré de dire que l’audit interne contribue au problème quand il n’en décrit pas précisément toute l’étendue. Ne soyez pas surpris si votre conseil d’administration vous demande « pourquoi ne nous avez-vous pas informés de la gravité de la situation ? »
  1. Ne pas fournir de rapports d’audit interne adéquats
La surveillance active de la fonction d’audit interne fait partie du devoir de vigilance du conseil d’administration. Par exemple, dans les sociétés cotées à la bourse de New York, les rapports soumis par le comité d’audit au conseil d’administration doivent couvrir les questions relatives à la performance de l’audit interne. Si votre comité d’audit ne reçoit pas de rapports périodiques relatifs aux plans, aux budgets, aux exigences en matière d’effectifs, aux besoins en formation et à la qualité de l’audit interne, ne soyez pas étonnés si un jour le comité demande « pourquoi ne nous avez-vous pas fourni les informations dont nous avions besoin pour faire notre travail ? » Tous ces manquements peuvent avoir un impact négatif important. Heureusement, nous pouvons éviter la plupart d’entre eux en respectant les normes professionnelles. Les « Normes internationales pour la pratique professionnelle de l’audit interne » sont conçues pour nous empêcher de commettre les erreurs décrites ci-dessus en veillant à ce que la fonction d’audit interne dispose de ressources suffisantes, de collaborateurs qualifiés et assure un haut niveau de qualité et d'intégrité opérationnelles. Néanmoins, ces Normesne peuvent nous protéger, nous et nos organisations, que si nous les appliquons. Comme toujours, vos commentaires sont les bienvenus.

A propos La rédaction

Un commentaire