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Contrôleurs de gestion et auditeurs, partenaires pour la performance

Contrôle de gestion et audit interne, entre différence et complémentarité Le contrôle de gestion et l’audit interne ont des points communs même si leur finalité est différente. Les contrôleurs de gestion ont pour mission d’aider la direction de l’organisation à prendre des décisions, en construisant et en maintenant des outils permettant aux dirigeants de piloter les activités. Les auditeurs internes quant à eux sont chargés d’informer ces mêmes dirigeants de la qualité des dispositifs de contrôle interne mis en œuvre pour couvrir les risques encourus par l’organisation. Deux finalités différentes donc, mais néanmoins complémentaires ! Le contrôle de gestion en effet accompagne la prise de décision sans être décideur. L’audit interne ne décide pas non plus mais s’assure que les dirigeants se trouvent dans de bonnes conditions…pour décider. La boucle est bouclée en quelque sorte lorsque contrôleurs de gestion et auditeurs travaillent de concert même sans collaborer. Cette complémentarité s’accorde également avec quelques similitudes entre les deux métiers, notamment pour ce qui est de la transversalité de leurs travaux respectifs, ou encore leur positionnement hiérarchique au sein de l’entité, étant tous deux indépendants des Directions opérationnelles auprès desquelles ils interviennent. Il apparaît donc intéressant que les contrôleurs de gestion et les auditeurs internes aient des échanges réguliers pour mutuellement parfaire leurs travaux et contribuer ainsi à la performance de l’organisation, comme le soulignaient l’IFACI et la DFCG dans une étude conjointe sur la complémentarité entre contrôle interne et contrôle de gestion. Ce que le contrôle de gestion peut apporter à l'audit interne La comptabilité générale est la matière première du contrôleur de gestion qu’il transforme afin de disposer d’informations exploitables sur un plan analytique et selon une dimension plus économique que juridique. Cette transformation est réalisée avec des requêtes informatiques générées à partir des systèmes d’informations. Ces extractions présentent également un intérêt pour les auditeurs internes, ceci pour deux raisons. La première est qu’elles restituent la production et les résultats des activités de l’organisation, donc des risques, ceci sans filtre ni biais. Il s’agit de données à l’état brut représentant une base de travail objective pour la réalisation de tests d’audit. Ensuite, l’auditeur en s’adressant au contrôleur de gestion n’est pas tenu de solliciter le métier audité pour obtenir les éléments lui permettant de le contrôler. Ceci n’est pas sans conforter l’indépendance de l’audit dans la réalisation des travaux. Le contrôle de gestion peut également apporter beaucoup à l’audit interne avec ses analyses destinées à comprendre ce qui est. Les contrôleurs de gestion en effet aident les dirigeants à décider en les informant sur ce qui s’est passé au sein de l’organisation et en leur expliquant la façon dont cela s’est passé. On ne pilote pas des activités sans les connaître ni comprendre leurs effets. On peut dire la même chose de l’audit ! Ainsi, les analyses et commentaires fournis par le contrôle de gestion aux dirigeants intéresseront les auditeurs, plus particulièrement dans leurs exercices de revue analytique. Ce que l'audit interne peut apporter au contrôle de gestion Il n’est guère de relation de qualité sans réciprocité. L’audit interne nous l’avons dit à tout intérêt à solliciter le contrôle de gestion pour parfaire son niveau d’informations et la qualité des données à sa disposition. Mais l’inverse est-il possible ? Les auditeurs peuvent-ils transmettre aux contrôleurs de gestion des éléments de leurs missions sans contrevenir aux impératifs déontologiques les concernant ? Il est évident que si une communication régulière est établie entre audit et contrôle de gestion, celle-ci doit être réfléchie et encadrée afin que les auditeurs n’entravent pas les règles d’indépendance, d’objectivité, de confidentialité auxquelles ils doivent satisfaire. Respectant la déontologie qui lui est propre, l’auditeur peut communiquer régulièrement au contrôleur de gestion des résultats de ses travaux si ces derniers sont de nature à impacter les reportings de gestion. Il n’est pas question bien-sûr pour l’auditeur de tout révéler au contrôle de gestion. Mais toute conclusion d’audit portant sur la qualité des informations de gestion ou comptables intéressera au premier chef le contrôleur de gestion puisqu’elle concerne la matière première dont il est l’un des consommateurs les plus importants au sein de l’entité. Rien n’empêche donc cette communication à condition qu’elle soit encadrée déontologiquement, mais aussi validée par la gouvernance. C’est certainement à l’audit interne d’être proactif sur le sujet. A lui de convaincre les dirigeants de l’intérêt d’une relation régulière entre les auditeurs et les contrôleurs de gestion puisque qu’ensembles ils participent, certes de façon différente mais complémentaire, aux performances de l’organisation.

A propos Jean-François CARON

Jean-François CARON
Jean-François Caron, CIA, CRMA, fondateur d’Audit & Ecofi, en charge actuellement de la supervision des dispositifs de contrôle permanent concernant les filiales d’un groupe bancaire (assurance, asset management). Je dispose d’une expérience d’audit externe de 7 ans et 8 ans d’exercice au sein de l’Inspection générale d’un groupe bancaire. J’interviens auprès de l’Ifaci depuis 2009 sur des formations à composante comptable et financière, plus particulièrement sur le secteur bancaire, et également pour les séminaires de préparation au CIA. Je suis en outre professeur vacataire au sein d’une université lilloise auprès de Masters et de Licences.

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