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De l’usage de l’improvisation théâtrale en contrôle interne

Billet
J’avais eu l’occasion d’utiliser l’improvisation lors de ma formation à l’audit il y a « quelques » années et j’avais apprécié l’aspect pratique et engagé de l’outil. Il est toujours étonnant de voir comme on se prend au jeu lors de ce genre de session et comme on vit la situation de façon presque réelle. Nous avions joué des saynètes dans lesquelles les apprentis-auditeurs interrogeaient des professionnels (joués par des auditeurs aguerris) de tempéraments très différents : timides, agressifs, apeurés, très (trop) expansifs... afin de nous faire prendre conscience des différents cas auxquels nous serions confrontés. Les auditeurs seniors nous faisaient également un retour sur nos comportements et les réflexes à avoir ou à éviter.
En outre, ces séances ont été l’occasion d’expérimenter des ficelles du métier pour savoir demander des explications et présenter des erreurs potentielles à nos interlocuteurs – dont le célèbre « bonjour, j’ai dû faire une erreur dans mes calculs ; pourriez-vous m’aider... » et ses variantes !
Après des années en tant qu’auditeur et suite à mon passage vers le contrôle interne, j’ai eu envie d’avoir un avis externe sur mon attitude lors des situations parfois difficiles que génère l’animation de réunions en général et notamment lorsque l’ambiance est tendue entre participants. Il n’est jamais aisé de déterminer ce que l’on renvoie vraiment dans ces situations et il me semblait important de le savoir afin de conforter les capacités d’animateur et de « facilitateur » qui sont au cœur de mon métier.
Dans ce contexte, j’ai eu l’opportunité, à titre extra-professionnel, de participer à un atelier d’improvisation autour de la communication. Chaque participant (une dizaine) pouvait proposer une scène afin d’avoir un retour sur une problématique spécifique. Le principe était que 6 personnes participaient à la scène et que les 4 autres observaient, prenaient des notes pour pouvoir ensuite donner leurs impressions.
Nous avons participé, par exemple, à une scène de soirée dans laquelle une personne extrêmement timide cherchait à converser. Le retour a bien sûr porté sur ses efforts mais également sur le mal-être de ses interlocuteurs qui, sentant sa détresse, ne savaient comment lui parler, ce qu’elle n’avait pas forcément imaginé. Quant à moi, j’ai choisi une réunion d’ouverture d’un audit (présentation du sujet, planning...). J’ai demandé à certains participants de jouer des caractères précis et aux autres d’agir comme ils le souhaitaient. Le retour sur mon attitude calme a été positif mais cela m’a aussi rappelé la difficulté de faire s’exprimer l’ensemble des participants lorsque certains prennent nettement le dessus de la réunion.
En conclusion, l’improvisation est un outil qui m’a vraiment permis de progresser dans mon métier à deux époques très différentes de ma carrière. Il permet à la fois de se mettre en situation et d’obtenir un retour des participants ou des observateurs.
Florence Pobeau.
Responsable de Coordination Contrôle Interne chez LFB Suivez ses parutions sur LinkedIn

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