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Fraude : la pandémie a fragilisé la défense des entreprises

L’année écoulée a vu les tentatives de fraude financière encore augmenter. Favorisées par la pandémie de Covid-19 en 2020, elles avaient déjà touché en 2019 plus de 7 entreprises sur 10(1) et 28 % d’entre elles auraient été perpétrées en interne(2). Le 5 juin dernier, l’UE a ainsi décidé de se doter d’un Centre européen de lutte contre la criminalité financière et économique, réunissant 65 analystes.
La lutte contre la fraude fait de plus en plus souvent la Une de l’actualité, avec son lot de scandales internationaux. Samsung, Société Générale, Essilor... Les exemples ne se comptent plus. Un phénomène encore amplifié cette année par la crise sanitaire liée au Covid-19. Le recours massif au télétravail aurait en effet, selon l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), fragilisé les entreprises, qui n’auraient pas toujours pu assurer les mêmes conditions de cybersécurité qu’en temps normal, avec tous leurs collaborateurs présents au bureau. Le groupement d’intérêt public Cyber malveillance, créé par l’ANSSI et le ministère de l’Intérieur, a d’ailleurs constaté une explosion des tentatives d’hameçonnage, multipliées par quatre en seulement quatre mois. Et comme l’indique Stelliant(2), spécialiste des services à l’assurance, « Aujourd’hui, tous les acteurs du marché s’accordent à dire que toutes les entreprises sont sujettes au risque de fraude, quels que soient leur taille, leur secteur d’activité ou leur implantation géographique ». La fraude au président  Mais la menace ne vient pas toujours de l’extérieur, loin s’en faut. Cette même étude de Stelliant estime que 28 % des fraudes commerciales et bancaires sont perpétrées en interne. Malgré la progression des missions de contrôle interne, les fraudeurs font preuve de toujours plus d’imagination. Détournements d’actifs pour les sociétés commerciales, détournements sur compte client pour les banques : des moyens de plus en plus sophistiqués sont mis en œuvre. Du côté des attaques externes, l’usurpation d’identité est la technique la plus prisée. La « fraude au président » notamment a fait des ravages depuis une dizaine d’années, même si la ficelle peut paraître un peu grosse : le fraudeur contacte par mail ou même par téléphone le service comptable d’une entreprise – le plus souvent une filiale – en se faisant passer pour le président de la société ou du groupe. Il demande que soit effectué un virement international urgent et confidentiel. D’après le baromètre Euler Hermès – DFCG(1), 38 %
des entreprises affirment en avoir été la cible. Et il y a bien d’autres types d’usurpation d’identité : banques, avocats, commissaires au compte, faux clients... Mais les tentatives les plus fréquentes (48 % des répondants) concernent toujours la « fraude au faux fournisseur » avec détournement de marchandises ou d’argent.
Intelligence artificielle et logiciels d'imitation de la voix Et contrer ces tentatives risque d’être encore plus compliqué dans le futur. De premiers cas ont été relevés faisant appel à l’intelligence artificielle et même aux logiciels d’imitation de la voix afin de rendre les usurpations d’identité encore plus crédibles. Une menace croissante dont les entreprises semblent de plus en plus conscientes, 84 % d’entre elles craignant une accentuation du phénomène dans les mois à venir. Et parmi celles qui ont mis en place une cartographie des risques, 93 % y ont clairement identifié le risque de fraude. Et 40 % d’entre elles, toujours selon l’enquête Euler Hermès–DFCG, ont décidé de créer ou transférer un budget dédié à cette question.
« La pandémie a généré de nouvelles faiblesses » Consciente que la lutte contre la délinquance financière ne pouvait pas être menée seulement au niveau des pays, surtout fortement fragilisés par la pandémie, l’Union européenne a créé en juin dernier une unité d’enquêteurs spécialisés dans la lutte contre les crimes financiers, mais aussi chargés de réprimer les fraudes aux subventions publiques. Une entité mise en place au sein d’Europol et constituée de 65 experts. « La pandémie de coronavirus a fragilisé l’économie mondiale et généré de nouvelles faiblesses d’où peuvent surgir des crimes », a expliqué la directrice exécutive d’Europol, Catherine De Bolle, pour qui les secteurs les plus visés seraient la construction, le voyage, le tourisme, les subventions publiques et les équipements médicaux. (1) Baromètre Euler Hermès et DFCG (Association des Directeurs Financiers et de Contrôle de Gestion) : https:// www.dfcg.fr/espace-documentaire/barometre- euler-hermes-dfcg-2020/ (2) Étude menée par Stelliant : https://www.stelliant.com/ actualites/fraude-diagnostic-maitrise-du-risque/
 

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