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La responsabilité sociale doit faire partie des préoccupations de l’audit interne

Deux développements importants dans le monde des affaires, qui auront sans doute des répercussions profondes et durables sur le fonctionnement des organisations, ont eu lieu fin août. En premier lieu, Business Roundtable, une association qui regroupe des dirigeants de grandes entreprises américaines, a annoncé la reformulation fondamentale de sa déclaration concernant les objectifs d’une entreprise, le « Statement on the Purpose of a Corporation ». Cette déclaration, qui fait l’objet de mises à jour régulières et qui définit les grands axes de la politique commerciale aux États-Unis est, depuis 20 ans, restée plutôt succincte : Servir l’actionnaire.

Le deuxième développement concerne les actions en justice
suite à l’épidémie d’opioïdes qui sévit actuellement aux États-
Unis. Selon l’Institut National Américain de lutte contre l’Abus
des Drogues (NIDA), plus de 47 000 Américains sont décédés
des suites d’une surdose d’opioïdes, notamment des opioïdes sur ordonnance.
(...) Quel est donc le lien entre ces deux développements ? La réponse est simple : la responsabilité sociale. Le mois dernier, un juge de l’Oklahoma a condamné Johnson & Johnson, société multinationale pharmaceutique, à verser la somme de 572 millions de dollars pour avoir contribué à la crise de dépendance aux opioïdes dans cet État. Les dommages et intérêts et règlements à l’amiable potentiels que risquent de devoir supporter les grandes entreprises pharmaceutiques se chiffrent à des milliards de dollars.

Tenir les entreprises responsables n’est toutefois pas un phénomène nouveau. Un nouvel élément important est dorénavant pris en compte : le bien public. C’est à ce niveau qu’intervient la nouvelle déclaration de la “Business Roundtable” sur ce qui doivent constituer les objectifs d’une entreprise. (...) Cette déclaration comporte de nombreux mots et phrases clés qui prennent en compte et favorisent la responsabilité sociale, tels que : « investir dans nos employés », « traiter de manière juste et éthique avec nos fournisseurs », « respecter les habitants de nos territoires », « protéger l’environnement », et « adopter des pratiques durables ». Le fait que les 181 signataires de la déclaration fassent partie de dirigeants d’entreprises mondiales les plus importantes et influentes est de nature à lui conférer légitimité, crédibilité et sérieux.

En ce qui concerne l’audit interne, des implications éthiques, culturelles et stratégiques doivent orienter la manière dont les responsables traitent cette nouvelle approche des affaires. La première étape consistera à déterminer comment votre organisation réagit à la nouvelle déclaration. La direction et le conseil d’administration sont-ils bien engagés à gérer l’organisation de manière socialement responsable ? La responsabilité sociale fait- elle partie intégrale de la culture de votre organisation ?

(...) Le plus gros défi consistera à déterminer si d’autres aspects, tels que la rémunération des dirigeants, les chaînes d’approvisionnement, l’utilisation des ressources naturelles et les programmes destinés aux employés, respectent les normes de responsabilité sociale.
Comme toujours, j’attends vos commentaires avec impatience.

Extrait de l’article de Richard Chambers à retrouver sur le blog

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