Accueil / blog / La route du succès est semée d’embûches

La route du succès est semée d’embûches

Les défaites sont source de résilience pour atteindre l’apogée de sa carrière. 

La manière dont une personne réagit à une défaite peut vous en dire plus long sur son caractère que la manière dont elle célèbre une victoire. Dans mon blog, j’aborde souvent les meilleures pratiques et les questions techniques relatives à l’audit interne. Toutefois, en 2013, j’ai commencé à partager mes réflexions sur une problématique d’intérêt plus général : la persévérance dans l’adversité. ​

Je ne pourrais vous dire combien de personnes j’ai connu au fil des années qui ont rencontré des difficultés au cours de leur carrière et qui ne s’en sont jamais remises. Elles étaient incapables de surmonter l’obstacle et de reprendre le cours de leur vie professionnelle, voire même privée. Au moins trois fois dans ma carrière, je me souviens avoir ardemment désiré une promotion ou une mission que je n’ai pas obtenue. À chaque fois l’échec m’a offert un choix : je pouvais persévérer et continuer à avancer, en gardant un œil sur de futures opportunités, ou je pouvais abandonner, au sens propre ou figuré, et laisser l’échec modeler ma personnalité.

Pour moi, ce n’était pas vraiment un choix. Je peux vous dire que chaque fois que je n’ai pas obtenu ce que je voulais, et que j’ai décidé de persévérer, j’ai connu bien plus de réussite que je n’aurais jamais pu imaginer, saisi des opportunités qui ne se seraient jamais présentées si ce que je croyais être la « chance d’une vie » m’avait été offerte.

Et si vous ne me croyez pas, l’histoire regorge d’exemples semblables :

Quand il était jeune, Milton Hershey voulait être imprimeur. Qui sait avec quoi nous ferions les « s’mores » aujourd’hui s’il n’avait pas été licencié et recruté comme apprenti par un confiseur.

Le rêve de Walt Disney de devenir un grand reporter s’est effondré quand l’éditeur du Kansas City Star l’a renvoyé pour « manque de créativité ».

Les professeurs de Thomas Edison ont dit à ses parents qu’il était bête.

Et l’annonce récente selon laquelle Apple est devenu la première société au monde à valoir 1000 milliards de dollars nous rappelle que Steve Jobs, son fondateur, a connu ses plus grands succès après être revenu dans la société qu’il avait été forcé de quitter.

Je ne suis certainement pas dans la même catégorie que ces icônes mais, comme tout professionnel ou presque, j’ai rencontré des embûches sur la route du succès. J’ai été très déçu en 2004 de ne pas avoir été nommé directeur général de l’IIA. J’avais fait partie de l’équipe dirigeante pendant presque trois ans et j’adorais l’IIA. Mais j’ai interprété la décision du conseil d’administration comme un signal m’incitant à élargir mes horizons. C’est ainsi que, à l’âge de 50 ans, j’ai quitté l’IIA, j’ai repris mon bâton de pèlerin et je suis allé travailler, pour la première fois, pour un des « Big Four ».

Trois ans plus tard, j’occupais le poste de « National Practice Leader for Internal Audit Advisory Services » chez PwC et, cinq ans plus tard, je suis devenu (vous l’aviez deviné) le directeur général de l’IIA.

Tout ceci pour dire : ne soyez jamais trop sûrs de ce qui est bon pour vous et n’abandonnez jamais – même lorsque vous n’atteignez pas vos objectifs.

Je ne sous-entends pas qu’il faut forcément vivre un échec pour être certain de réussir dans le futur. Vous devriez toujours analyser les raisons pour lesquelles vous n’avez pas réussi et chercher à progresser et à vous améliorer. Apprendre est l’une des plus grandes récompenses de l’échec. J’essaye simplement de vous encourager à ne pas laisser les échecs définir votre personnalité. Je pourrais dire la même chose de la réussite. Les réussites et les échecs ne sont que des jalons dans votre parcours personnel, pas des fins en soi.

Rudyard Kipling, l’auteur du Livre de la jungle et de Gunga Din, a, dans son poème « If », évoqué les similitudes entre le désespoir et la complaisance, et l’importance de ne pas y accorder trop d’importance. Il a écrit :

Si tu peux rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître ;

Penser, sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite,

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front.

Rudyard Kipling a lui-même traversé des épreuves, lorsqu’il a été contraint de quitter la maison familiale en Inde qu’il aimait tant pour aller en pension à Londres. La vie et les carrières sont de vrais voyages. Avec le recul qu’offre une carrière de plus de 40 ans, j’ai probablement remis en cause chaque tournant de ma carrière à un moment ou à un autre, mais je n’en regrette aucun aujourd’hui.

Prenez l’adversité pour ce qu’elle est. Vous apprendrez toujours plus dans les vallées de la vie que du haut de ses sommets. Cela vaut particulièrement pour votre carrière. Alors n’abandonnez jamais.

C’est quand nous acceptons l’échec comme notre destinée que nous nous nous dévaluons.

A propos Richard CHAMBERS

Richard CHAMBERS
Richard F. Chambers, Président et directeur général de l’IIA (Institute of Internal Auditors) publie chaque semaine sur son blog InternalAuditor.org un article sur les enjeux et les tendances concernant la profession d’audit interne.